Les erreurs du futur.

Nous avons tous en mémoire cette vague, ce raz-de-marrée, ce tsunami social qui a déferlé sur les terrains de golf bétonnés de notre ville, il y a de cela quelques années. Oui, ces braves gens demandant une absolution totale et complète de leurs dettes, sous prétexte qu’ils ne pourront la rembourser. Que de balivernes! Que de foutaises! Oui, il est certes louable de demander un répit quand la poche souffre et que l’argent fuit.  Mais quand des gens montent aux barricades pour demander une gratuité complète, lorsqu’ils paient déjà les droits (et non les frais, car il y a une nuance entre ces termes qui est souvent passée sous silence) de scolarité les MOINS CHERS en Amérique, il y a des limites.

La beauté d’une révolution se résume à deux choses: l’impact de ses actions sur le tissu social d’une ville, d’une société ainsi que par l’essor de ses têtes dirigeantes, de ses leitmotiv, de ses ritournelles. Quand on demande à un universitaire de nous citer Mai 68, il a fort à parier que “Soyez réalistes, exigez l’impossible” sera omis.  Mais Mai 68 a eu un écho imposant sur la vie politique française, à son époque.  J’entends sans doute les potentiels détracteurs rouspéter à l’idée d’oser comparer ce mouvement des acériculteurs à une quelconque note de bas de page, qui s’est produite il y a des siècles.  Or, c’est grâce à Mai 68 que des gens se dressent devant nos chers décideurs de demain pour leur apprendre (grands dieux, quel mot horrible…) leur passé.

Oui, “avancez en arrière” est un fort joli slogan d’un point de vue stylistique mais quel est son poids social? Celui d’une roche venant se fracasser doucement contre une vague, un jour d’été.  De plus, ce slogan démontre cette masturbation intellectuelle (le mot est fort, mes excuses aux oreilles chastes) des gens de notre génération. Il va sans dire que le fait de voir deux membres de ce triumvirat de haut-rang (venant sans doute d’Oran) sur trois tenter, tant bien que mal, de se frayer un chemin dans l’arène politique démontre bien la portée de ce slogan.

L’État est à sec et ne peut se permettre de jouer le rôle de banque, ad vitam æternam.  Toutes les grandes institutions de savoir, à travers le monde, ne sont pas sous la gouverne des États dans lequel elles se trouvent.  Il n’en demeure pas moins que celles-ci ont tout de même un prestige fort enviable, à l’échelle mondiale.  Prenez un directeur des ressources humaines, à l’étranger.  Il a deux candidats devant lui: même résultat en entrevue. L’un d’entre eux provient de la LSE, tandis que l’autre n’a pas cette chance, préférant une quelconque gratuité étatique.  Lequel choisira-t-il?  Poser la question, dans ce cas, c’est y répondre.

Certes, l’idée de combattre l’establishment est un leitmotiv de notre belle jeunesse. Mais celle-ci ne doit pas uniquement se servir de ses poings pour faire valoir son point de vue.  Nous ne voulons pas avoir l’air réactionnaire et déclamer que tous les jeunes sont des ignares de premier ordre, voulant mettre la pagaille là où elle se trouve déjà, grâce aux moins jeunes.  Mais, un moment de réflexion s’impose, ou aurait dû s’imposer avant ce mouvement de masse provincial.   Il faut avoir les moyens de ses ambitions, pas les ambitions d’être moyens.  Ne soyons pas des mangeurs de hot-dog, pour reprendre l’image d’un grand Premier ministre, qui ne fût rien d’autre qu’un pet de sœur pour plusieurs.

Advertisements

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s